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GENEVA 6

Salon de l’auto de Genève 2019 : Le malaise électrique

Electro-mobilité. C’était LE mot que l’on retrouvait sur tous les stands et dans toutes les bouches lors des journées professionnelles du Salon de l’Automobile Genève. Electro-mobilité ou comment combiner deux mots à la mode pour feindre l’innovation. Récit d’une vaste hypocrisie qui pourrait ruiner l’industrie automobile.

On ne pourra pas reprocher aux constructeurs de ne pas tout miser sur les motorisations électriques. Tous les grands acteurs et de nombreuses nouvelles sociétés ont présenté d’innombrables véhicules à batteries. De la citadine au SUV en passant par les compactes et supercars. On pourrait croire que la révolution électrique tant annoncée est enfin là. Mais une révolution implique une volonté de bousculer l’ordre établi. Et c’est ici que la bât blesse. Carlos Tavares, PDG du groupe PSA est le seul à dénoncer publiquement « l’amateurisme atterrant » des décideurs politiques qui, sous prétexte écologique, veulent imposer les véhicules électriques, alors que ceux-ci ont, pour l’instant, un bilan carbone bien plus lourd qu’un véhicule thermique.

Seul contre tous ?

A contre-courant, Carlos Tavares se battrait-il seul contre tous ? En apparence oui, lors des différentes conférences de presses auxquelles nous avons assisté, les motorisations électriques sont présentées comme LA solution à tous les maux. En off, le discours est beaucoup moins élogieux : le développement de ces modèles est fait pour répondre au dictat des lois européennes et éviter des amendes qui pourront grimper jusqu’à un milliard d’euros par an dès 2020. Certains, n’hésitent pas à dénoncer une immense hypocrisie, pire une erreur monumentale qui pourrait nuire gravement la filière européenne et les treize millions d’emploi liés. Pendant ce temps-là, l’industrie chinoise se frotte les mains.

Xièxiè Bruxelles

Les composants nécessaires à une motorisation électrique sont fournis par la Chine qui a une avance considérable en la matière et crée de fait une dépendance trop importante qui va mettre toute la filière sous tension. A l’heure actuelle il n’y a aucune réponse concrète en Europe : après avoir étudié longuement le dossier, le géant Bosch a décidé de renoncer à se lancer dans l’industrie.

Et le citoyen dans tout ça ? Il est absent des débats, du moins à Bruxelles. Pourtant il est la clé et le point de bascule. De l’aveu de tous, les véhicules électriques sont trop chers pour être mass-market. Ce point changera très certainement dans les cinq prochaines années. Mais d’ici là ? Si l’utilisateur ne cède pas au ton moralisateur (culpabilisateur ?) des politiques, les ventes ne décolleront pas, les constructeurs seront pénalisés et par répercussion l’offre et finalement l’utilisateur.

Le tout électrique n’est pas LA solution. Le sera-t-il un jour ? Possible. A vrai dire personne n’a encore vraiment trouvé la recette magique.

Alors pendant que les professionnels cherchent, il serait bien que les responsables politiques européens s’éduquent et commencent par exemple à faire la différence entre émission de CO2 et empreinte carbone.